C’est Gary Panter qui l’a dit

« Les écoles d’art sont en général remplies de marginaux et de gens bizarres, mais je crois bien que c’est dans la bande dessinée qu’il y a le plus fort taux de délabrés et d’immatures. Les auteurs de BD ne sont peut-être pas aussi arrogants que les peintres, mais ce sont des inadaptés qui le restent toute leur vie. »

L’auteur américain âgé de 70 ans, Gary Panter, sortira chez Fantagraphics un nouveau recueil, Crashpad. Conçu, selon l’éditeur, comme un faux fanzine underground. L’album (ou l’installation ?) nous ramène dans les années 70 au bon vieux temps du mouvement hippie. (Printmag)

Dans les gros papiers de Guy Delisle

C’est presque un préquel de l’aventure artistique de Guy Delisle. L’auteur canadien, qui nous avait habitués à le suivre autour du monde, nous ramène chez lui, au Québec, et à l’été de ses 16 ans. Chroniques de jeunesse (Delcourt), le nouvel opus des aventures de Guy Delisle, raconte son premier petit boulot dans une usine de papier québécoise. Evidemment le papier, comme une allégorie évidente offerte par les hasards (?) de la vie. Puisque quarante plus tard, c’est toujours le papier, mais cette fois pour dessiner : « Le papier, c’est l’outil le plus efficace pour moi. Sauf la couleur, qui se fait sur l’ordinateur. Le noir et blanc, ça me va bien. C’est presque de la ligne claire, je reviens à ce que j’ai lu toute ma jeunesse. Ça a un côté graphique, qui s’équilibre bien avec le texte et l’histoire, simples eux aussi. » (interview donnée à Bodoï le 1er février 2021)

Prix vert

C’est, à ma connaissance, le seul prix de la bande dessinée décerné par un parti politique. Europe Écologie Les Verts (EELV) vient de remettre son prix Tournesol à l’album de Alain Bujak et Damien Roudeau, L’eau vive (Futuropolis). Le prix, créé en 1997, récompense « une bande dessinée pour ses valeurs d’écologie politique ».

Cestac sans le bac

Un papa, une maman, une famille formidable (la mienne !), c’est le nom du dernier album (chez Dargaud) de Florence Cestac. On découvrira que la famille Cestac n’est pas aussi formidable que ça, mais c’est le cas de toutes les familles (et je ne dis pas ça pour vous maman et papa…). Mais heureusement que pour Florence Cestac, il y a eu la BD, comme elle le raconte à l’AFP : « Mes cahiers étaient constellés de dessins. Physiquement j’étais là dans la classe, mais j’avais la tête ailleurs, en dessinant des histoires. Dieu merci, j’ai pu rentrer aux Beaux-Arts parce qu’il n’y avait pas besoin du bac à l’époque et j’ai eu le concours. Là, la vie s’est éclairée. »

L’espoir revient

Début de la prépublication, dans le journal de Spirou du 3 février 2021, de la troisième partie de L’espoir malgré tout, le Spirou d’Émile Bravo.

C’est Michel Rabagliati qui l’a dit

« C’est vrai que c’est une série, Paul, même si moi je ne m’en rends pas compte. Ce n’est pas comme ça que je vois ça. Je raconte des choses quand j’ai quelque chose à dire. »

Michel Rabagliati, qui a remporté le prix de la série au festival d’Angoulême 2021, pour Paul à la maison (La Presse)

Accident (de chasse) à Angoulême

Festival de la bande dessinée d’Angoulême 2021, fin de l’acte I (il devrait y avoir un acte II en juin). La 48e édition du (si peu) festival a dévoilé ce vendredi 29 janvier son palmarès. Ce n’est pas encore l’accident industriel promis par les ravages de la pandémie de coronavirus sur nos manifestations culturelles, mais L’accident de chasse, des américains Landis Blair (dessin) et David L. Carlson (scénario) qui emporte le Fauve d’or, prix du meilleur album 2021. L’album est paru chez Sonatine, éditeur de littérature étrangère et policière que l’on croise rarement sur nos étagères BD. Globalement, c’est un palmarès très international que nous propose le (à peine) festival d’Angoulême, avec le québécois Michel Rabagliati, prix de la série pour Paul à la maison, ou encore le prix de la bande dessinée alternative à la revue finlandaise Kuti. (Palmarès complet)

Ce n’est qu’un au revoir

José-Louis Bocquet, le scénariste et directeur éditorial de la collection Aire Libre chez Dupuis depuis 2006, quitte l’éditeur pour se consacrer à son travail d’écriture. Un départ salué avec élégance par Dupuis et qui, à en croire le communiqué, ne serait pas totalement définitif : « Nous lui souhaitons évidemment le meilleur pour la suite et sommes certains qu’il nous accompagnera encore longtemps au travers de ses futurs ouvrages. »

Un sur cinq

Un livre sur cinq achetés en France est une bande dessinée ! C’est l’institut GFK qui le dit dans sa dernière étude sur la marché de la bande dessinée en 2020. Ce sont 53,1 millions d’exemplaires qui se sont vendus en 2020 pour un chiffre d’affaires de 591 millions d’euros, en hausse de 9% sur un an. Un marché BD qui se lit de plus en plus de droite à gauche, avec le Manga qui représente 42 % des ventes en volume (39 % en 2019). Et dire que Tintin ne s’est jamais rendu au Japon…  

On en parle à la récré

Hé les vieux, les mômes aussi lisent de la BD ! Le festival de la bande dessinée de Saint-Malo, Quai des Bulles, crée un prix BD jeunesse qui sera décerné par un jury de jeunes élèves des classes de CM1 et CM2. Cinq albums sont en compétition. Bien que je sois encore en CP, je vous donne mon préféré : Raowl, la Belle et l’Affreux, de Tebo (chez Dupuis).

Pour çà et là, le compte est (plutôt) bon

çà et là, l’éditeur indépendant spécialisé dans la bande dessinée étrangère, publie, et c’est devenu une (honnête) tradition depuis quelques années, ses chiffres de vente annuels. Une année 2020 qui ne ressemble à aucune autre. Seulement 7 titres publiés (contre 13 prévus) et un gros succès, avec Kent State, quatre morts dans l’Ohio, album de Derf Backderf qui s’est vendu à plus de 12 000 exemplaires en seulement 4 mois (de septembre à décembre 2020). Les ventes des 6 autres titres oscillent entre 500 et 4000 exemplaires. « Une bonne année, contre toute attente », analyse l’éditeur Serge Ewenczyk, avant d’afficher un optimisme prudent. « La grande question du moment est : que va t-il se passer en 2021 ? Pour l’instant, tout va bien (janvier a été bon), mais quid des mois à venir dans ce contexte qui reste incertain et en l’absence de grosses machines comme Kent State ? »

Dans la chambre (en bordel) de Ed Piskor

L’américain Ed Piskor, auteur de la saga Hip Hop Family Tree, va publier en mai 2021 chez Fantagraphics le premier opus d’une nouvelle série intitulé Red Room. Une histoire de meurtre dans la dark web et que Ed Piskor définit lui-même comme « une BD cyberpunk dont vous ne pourrez plus vous arracher une fois que vous aurez plonger vos yeux dans ce bordel ». Ed en rajoute une couche en avertissant qu’avec ce livre il va vraiment « repousser les limites ».

Le zizi à Cupidon

Le journal de Spirou (numéro 4319 du 20 janvier 2021) a rendu un hommage à Malik, l’auteur d’Archie Cash et Cupidon, disparu le 11 décembre 2020 dans l’incendie de sa maison. Son ami Mythic qui a travaillé avec lui sur Archie Cash rappelle cette anecdote savoureuse (si on peut dire) concernant un détail anatomique (si on peut dire également) de son personnage Cupidon. Nous sommes au festival BD d’Audincourt. « Nous avions mangé entre auteurs au McDo du coin, car Malik y avait réalisé des fresques consacrées à Cupidon. Il nous avait raconté qu’il y avait eu une polémique au sujet du zizi de Cupidon… Fallait-il le dessiner ou pas ? La question était remontée jusqu’au siège de McDonald’s aux Etats-Unis ! » Quel micmac pour un tout petit big mac !