On en parle à la récré

Hé les vieux, les mômes aussi lisent de la BD ! Le festival de la bande dessinée de Saint-Malo, Quai des Bulles, crée un prix BD jeunesse qui sera décerné par un jury de jeunes élèves des classes de CM1 et CM2. Cinq albums sont en compétition. Bien que je sois encore en CP, je vous donne mon préféré : Raowl, la Belle et l’Affreux, de Tebo (chez Dupuis).

Pour çà et là, le compte est (plutôt) bon

çà et là, l’éditeur indépendant spécialisé dans la bande dessinée étrangère, publie, et c’est devenu une (honnête) tradition depuis quelques années, ses chiffres de vente annuels. Une année 2020 qui ne ressemble à aucune autre. Seulement 7 titres publiés (contre 13 prévus) et un gros succès, avec Kent State, quatre morts dans l’Ohio, album de Derf Backderf qui s’est vendu à plus de 12 000 exemplaires en seulement 4 mois (de septembre à décembre 2020). Les ventes des 6 autres titres oscillent entre 500 et 4000 exemplaires. « Une bonne année, contre toute attente », analyse l’éditeur Serge Ewenczyk, avant d’afficher un optimisme prudent. « La grande question du moment est : que va t-il se passer en 2021 ? Pour l’instant, tout va bien (janvier a été bon), mais quid des mois à venir dans ce contexte qui reste incertain et en l’absence de grosses machines comme Kent State ? »

Dans la chambre (en bordel) de Ed Piskor

L’américain Ed Piskor, auteur de la saga Hip Hop Family Tree, va publier en mai 2021 chez Fantagraphics le premier opus d’une nouvelle série intitulé Red Room. Une histoire de meurtre dans la dark web et que Ed Piskor définit lui-même comme « une BD cyberpunk dont vous ne pourrez plus vous arracher une fois que vous aurez plonger vos yeux dans ce bordel ». Ed en rajoute une couche en avertissant qu’avec ce livre il va vraiment « repousser les limites ».

Le zizi à Cupidon

Le journal de Spirou (numéro 4319 du 20 janvier 2021) a rendu un hommage à Malik, l’auteur d’Archie Cash et Cupidon, disparu le 11 décembre 2020 dans l’incendie de sa maison. Son ami Mythic qui a travaillé avec lui sur Archie Cash rappelle cette anecdote savoureuse (si on peut dire) concernant un détail anatomique (si on peut dire également) de son personnage Cupidon. Nous sommes au festival BD d’Audincourt. « Nous avions mangé entre auteurs au McDo du coin, car Malik y avait réalisé des fresques consacrées à Cupidon. Il nous avait raconté qu’il y avait eu une polémique au sujet du zizi de Cupidon… Fallait-il le dessiner ou pas ? La question était remontée jusqu’au siège de McDonald’s aux Etats-Unis ! » Quel micmac pour un tout petit big mac !

First we take Paris !

Le québécois Philippe Girard a choisi la France, et Casterman, pour la sortie, en mars 2021, de sa biographie de Léonard Cohen, intitulée, Cordialement. Un gros album de 120 pages avec la ville de Montréal, dont est originaire le chanteur à la voix grave, « au centre du projet » comme le souligne Girard. Il confie aussi dans un entretien à Radio Canada : « Je l’ai vu dans le métro et la rue à Montréal, mais j’étais trop timide pour aller lui parler ». Léonard Cohen prenait le métro… comme vous et moi ! Enfin, moi surtout. Vous j’imagine que vous avez une grosse berline et un chauffeur.

Le comte est bon

Pré-publication dans le journal de Spirou du Patient A, second épisode de la série Champignac, de David Etien et des Beka (monsieur et madame au scénario). Dessin toujours très agréable d’Etien même si le jeune comte de Champignac ressemble de plus en plus à Groucho Marx. 

À la tienne, Etienne (Davodeau)

Étienne Davodeau lève son verre aux auteurs. Dans un entretien donné au supplément Le Monde des vins (15 décembre 2020), il revient sur sa rencontre avec Richard Leroy, le vigneron au centre de son album Les ignorants (Futuropolis 2011) :

« Je ne sais pas si le terme « vin d’auteur » existe, comme on parle parfois de la « bande dessinée d’auteur », mais ce sont là des mecs qui « signent » leur vin. On ne boit pas un anjou quand on boit un vin de Richard : on boit un vin de Richard Leroy. »

Bilal par trois, le bon coup (de sang)

Casterman publie en janvier 2021 la trilogie de Bilal, Coup de Sang. Le volume regroupe les albums Animal’z, Julia & Roem et La Couleur de l’air. 280 pages pour 28 euros, pour ceux qui seraient passés à côté de ces trois beaux opus au moment de leur sortie, c’est l’affaire du siècle. Même si avec Bilal on aurait pu parler d’affaire de Fins de siècle (y’a une référence là-dessous… et ouais).

Bonnes feuilles d’automne

La bande dessinée aussi a ses prix d’automne. Cette année, un seul lauréat a quasiment tout moissonné (si tant est qu’on ait jamais moissonné la moindre culture en automne). Trois prix (pour le prix de trois) pour Peau d’homme de Hubert (décédé en début d’année 2020) et Zanzim. Le Grand prix RTL de la bande dessinée 2020, le prix Landerneau de la BD, prix parrainé par les Espaces Culturels E.Leclerc et le prix Wolinski, prix à l’initiative du Point (l’hébdo). L’album est édité chez Glénat. Qu’apprends-je alors que je mettais un point final à cet article ? Peau d’homme vient de recevoir un quatrième prix, le Grand prix de l’Association des Critiques et journalistes de Bande Dessinée (ACBD). Maintenant il faut en laisser pour les autres…

C’est Spiegelman qui l’a dit

« J’aime la bande dessinée. J’aime ce média. Et j’aime ce qu’on y fait depuis le 19e siècle et jusqu’à nos jours. Mais à un moment donné j’aimerais aussi que la bande dessinée ce soit aussi le média qui raconte autre chose que des petites histoires comiques ou des grandes histoires d’aventure. »

Art Spiegelman dans The Guardian

BD Boum s’éclate

Le festival de la bande dessinée de Blois se réinvente pour sa 37e édition. Une réinvention largement guidée par la crise covid. Ce sont donc une quinzaine d’espaces (dont le prometteur Comptoir Irlandais, magasin spécialisé dans la vente d’alcool et de textiles) répartis dans la ville qui accueilleront les différentes manifestations rencontres et expositions prévues. Bien qu’éclatées, le festival nous propose de chouettes expo, dont une consacrée à Emile Bravo ou une autre à la bien méconnue BD africaine francophone. On attendra aussi avec impatience le Grand Boum, le prix parrainé par la ville de Blois qui récompense un auteur pour l’ensemble de son œuvre. BD Boum c’est du 20 au 22 novembre 2020 à Blois. 

Vehlmann fait respirer Gazzotti

Expérimentation sympathique dans le Spirou 4306 (21 octobre 2020). Fabien Vehlmann et Bruno Gazzotti, les auteurs de Seuls, se lancent dans un récit court, qui tout en faisant référence à leur série phare en est complètement détaché (vous me suivez ?). « J’avais besoin de m’octroyer une respiration, avec des histoires plus rapides à réaliser », explique Gazzotti au journal de Spirou. Ça s’appelle Souvenirs des limbes, le premier épisode tient sur un format exigeant et contraignant de sept pages. Vehlmann invoque Black mirror ou la Quatrième dimension comme références. Ce n’est pas tout à fait convaincant, sans être totalement pas convaincant (là aussi vous me suivez ?).