Nicoby, Tomine, vies parallèles

Si vous vous destinez au noble métier d’auteur de bande dessinée, un petit exercice qui nous est offert par les heureux hasards du calendrier éditorial : lire à la suite, La solitude du marathonien de la bande dessinée de l’américain Adrian Tomine (Cornelius – octobre 2020) et Mes quatre saisons de Nicoby (Dupuis – octobre 2020). Même vision distanciée (mais amoureuse) de la bande dessinée chez les deux auteurs, adeptes l’un comme l’autre de l’autodérision à haute dose. 

Enlarge your Zep

Glénat publie une nouvelle édition (octobre 2020) de l’album de Zep et Hélène Bruller, Le guide du zizi sexuel, actualisée et augmentée… Si je n’avais pas pris garde d’ajouter un e aux participes passés précédents vous auriez pu, légitimement, vous imaginer que c’était l’organe masculin qui était visé par les mesures d’augmentation. Ce que vous n’allez pas chercher… Sinon quelle que soit la taille, c’est évidemment un manuel pédago-comico-sexuel à mettre entre toutes les mains (hum…).

Le Chat se déconfine

Un album à poil, c’est sûr, au poil, on verra. Philippe Geluck sort à la mi-octobre un nouvel album du Chat, son personnage fétiche à l’embonpoint finalement très peu félin. Et ça s’appelle Le Chat est parmi nous. Un opus dans lequel, actualité oblige, Le Chat fait des apparitions masquées. Casterman nous apprend d’ailleurs que ce tome 23 n’aurait jamais dû voir le jour sans le confinement (et l’annulation de l’exposition de sculptures monumentales de l’artiste qui a suivi), un confinement qui a laissé du temps à Geluck pour dessiner. 

Les mystères de Cherbourg

Sortie d’un nouvel épisode de la série cotentinoise-rétrofuturiste et à succès du duo Romuald Reutimann (dessin) et Pierre Gabus (scénario), New Cherbourg Stories (Casterman – octobre 2020). Un robot sous-marin orne la couverture de ce tome 2 intitulé, Le Silence des Grondins. A vous faire aimer Cherbourg.

Lucky Luke file un mauvais coton

C’est le 23 octobre que sortira le nouvel album du cow-boy solitaire, Lucky Luke, l’homme qui a arrêté de fumer plus vite que son ombre, un album qui nous plonge dans l’univers malsain (et raciste) des marais de Louisiane. Ça s’appelle Un cow-boy dans le coton, Achdé au dessin et Jul, qui y prend goût, au scénario.

Sapin reporter

C’est le dessinateur des présidents. Après avoir suivi François Hollande en campagne puis à l’Elysée, Mathieu Sapin s’intéresse à son successeur, Emmanuel Macron. Comédie Française, ça s’appelle et c’est sous-titré, Voyages dans l’antichambre du Pouvoir (sortie de l’album le 9 octobre 2020). Sur France Bleu, Sapin petit reporter dévoile sa méthode de travail (attention scoop) : « Je dessine beaucoup sur place, j’ai un petit carnet de croquis. » 

Yakari a dit…

Nouvel album du petit indien Yakari, le personnage de Derib et Job. Sans Job pour Le fils de l’aigle, 41e opus de la série (sortie octobre 2020), scénarisé par Xavier Giacometti, celui-là même qui avait réalisé Yakari, le film sorti cet été. Dans une interview sur le site de Le Lombard, Derib revient sur sa collaboration avec Giacometti , « Xavier est devenu un ami. Et, quand on m’a proposé de faire un album inédit, c’est Job qui a suggéré que je travaille avec lui. »

Krazy Kat en long et surtout en large

Les éditions Les Rêveurs poursuivent la publication en français de l’œuvre de George Herriman, Krazy Kat. En octobre paraîtront les strips panoramiques de Krazy, le félin amoureux d’Ignatz, la souris au cœur dur et à la pierre tendre. Le recueil, Krazy Kat Les Quotidiennes Panoramiques de 1920, rassemble pour la première fois , traduit en français, l’ensemble des strips grands formats d’Herriman.

Nouvelle tunique pour les bleus

Dans le monde de la BD les bleus ne jouent pas au ballon. On est des gars et des filles sérieux. Parlons donc sérieusement. Nouvelle épisode des Tuniques Bleus en prépublication depuis cette semaine dans Spirou (n° 4302). L’événement c’est que ce 65e opus, rien que ça, est dû à Beka (au dessin) et Munuera (au scénario) en lieu et place des tauliers habituels, Lambil et Cauvin. Les fans de la série auront peut-être un peu de mal à se retrouver dans les dessins de Beka… sauf les chevaux très lambilien. Pour parler toujours sérieusement, et comme on aime les facéties chez Dupuis, le 65e épisode paraîtra avant le 64e (retour de Lambil et Cauvin dont ce sera le dernier scénario pour la cavalerie) !

Les Soviets, le retour

Après Tintin, mais c’était en 1930, c’est Spirou qui se lance à l’aventure chez les Soviets avec l’album de Fabrice Tarrin et Fred Neidhardt (au scénario), Spirou chez les Soviets (Dupuis – septembre 2020). Une aventure du groom dans un royaume sinon oublié, du moins disparu. « Fred voulait vraiment un Spirou un peu plus vintage, il voulait retrouver ses souvenirs d’enfance, lorsqu’il lisait les premiers albums de Franquin », raconte Fabrice Tarrin à 20minutes. Un album qui devrait donc ravir les nostalgiques de l’âge d’or de la bande dessinée franco-belge ou ceux de l’Union Soviétique (ce sont peut-être les mêmes ?).

Ravard se fait Burma

Dans la série, the série must go on, un nouveau patron pour reprendre Nestor Burma le personnage créé par Léo et magistralement adapté en bande dessinée par Tardi. Après Tardi, il y avait eu Nicolas Barral, Emmanuel Moynot… et désormais François Ravard pour un 13e opus de la série, Les rats de Monsouris, avec Emmanuel Moynot au scénario. « Travailler les atmosphères, les décors des années 50 et reprendre les trognes des cinq ou six personnages clé de son univers (à Tardi – NDLR). Les lecteurs, et moi aussi, devaient retrouver l’essence du Burma qu’ils connaissent. J’ai eu la chance de rencontrer Tardi, de reprendre les outils qu’il utilise. Et ça fonctionne », explique Ravard dans Le Télégramme. Si ça fonctionne, tant mieux. C’est chez Casterman à partir du 9 septembre 2020.

Adrian Tomine ou la solitude de l’auteur de bande dessinée

L’immense Adrian Tomine publie ce qui aurait pu s’appeler Ma vie, Mon œuvre, mais qui s’appelle, parce que le type a un peu plus de talent que moi pour les titres (et pourtant je place généralement la barre très haut), The Loneliness of the Long-Distance Cartoonist, qu’on pourrait traduire, si on parlait anglais, la solitude de l’auteur de bande dessinée de fond. J’espère que les éditeurs français d’Adrian (avec Tomine on s’appelle par nos prénoms) trouveront une meilleure traduction pour le titre.

BD pirate

Les héros ne meurent jamais, c’est bien connu. Ou ils ressuscitent. Créé en 1959, par Jean-Michel Charlier et Victor Hubinon, Barbe-Rouge le pirate revient chez Dargaud après 16 ans d’absence (vaste est l’océan…). C’est désormais Jean-Charles Kraehn et Stefano Carloni qui sont à la barre pour les nouvelles aventures du renégat à la pilosité carminée. Le premier épisode s’appelle Pendu haut et court ! Laissez-moi vous dire qu’avec un tel titre notre pirate est dans de sales draps.