Le square à Raoul

La Belgique sait célébrer ses héros. La ville d’Antoing a inauguré le 30 avril 2021 un square Raoul Cauvin, le prolifique scénariste des Tuniques bleues, de l’Agent 212 ou des Femmes en blanc, et natif (le 26 septembre 1938) de cette (sûrement) charmante petite ville de Wallonie. La RTBF nous dit même que Ludivine Dedonder, la ministre belge de la défense, était présente à côté de Raoul Cauvin pour cette inauguration. Dites-moi, amis belges, pourquoi un ministre de la Défense ? À cause des Tuniques bleues ?

C’est Midam qui l’a dit

« Je viens d’imaginer un brumisateur blork qui diffuse de l’eau par les fesses. Pas sûr que ça passe »
L’auteur de Kid Paddle et Game Over, Midam, raconte dans Spirou du 28 avril 2021 son expérience de concepteur d’attraction pour le parc Spirou Provence.

Albert (Uderzo) chez Aristide (Maillol)

Comme un air de déconfinement ? Le musée Maillol (Paris) annonce sa réouverture le 20 mai 2021 avec une exposition consacrée à Albert Uderzo. Panoramix pourrait à cette occasion nous proposer une formule vaccinale magique de sa composition contre les variants romains. Pas toi Obélix, tu es tombé dans le Pfizer quand tu étais petit.

C’est Gary Panter qui l’a dit

« Les écoles d’art sont en général remplies de marginaux et de gens bizarres, mais je crois bien que c’est dans la bande dessinée qu’il y a le plus fort taux de délabrés et d’immatures. Les auteurs de BD ne sont peut-être pas aussi arrogants que les peintres, mais ce sont des inadaptés qui le restent toute leur vie. »

L’auteur américain âgé de 70 ans, Gary Panter, sortira chez Fantagraphics un nouveau recueil, Crashpad. Conçu, selon l’éditeur, comme un faux fanzine underground. L’album (ou l’installation ?) nous ramène dans les années 70 au bon vieux temps du mouvement hippie. (Printmag)

L’espoir revient

Début de la prépublication, dans le journal de Spirou du 3 février 2021, de la troisième partie de L’espoir malgré tout, le Spirou d’Émile Bravo.

C’est Michel Rabagliati qui l’a dit

« C’est vrai que c’est une série, Paul, même si moi je ne m’en rends pas compte. Ce n’est pas comme ça que je vois ça. Je raconte des choses quand j’ai quelque chose à dire. »

Michel Rabagliati, qui a remporté le prix de la série au festival d’Angoulême 2021, pour Paul à la maison (La Presse)

Le zizi à Cupidon

Le journal de Spirou (numéro 4319 du 20 janvier 2021) a rendu un hommage à Malik, l’auteur d’Archie Cash et Cupidon, disparu le 11 décembre 2020 dans l’incendie de sa maison. Son ami Mythic qui a travaillé avec lui sur Archie Cash rappelle cette anecdote savoureuse (si on peut dire) concernant un détail anatomique (si on peut dire également) de son personnage Cupidon. Nous sommes au festival BD d’Audincourt. « Nous avions mangé entre auteurs au McDo du coin, car Malik y avait réalisé des fresques consacrées à Cupidon. Il nous avait raconté qu’il y avait eu une polémique au sujet du zizi de Cupidon… Fallait-il le dessiner ou pas ? La question était remontée jusqu’au siège de McDonald’s aux Etats-Unis ! » Quel micmac pour un tout petit big mac !

À la tienne, Etienne (Davodeau)

Étienne Davodeau lève son verre aux auteurs. Dans un entretien donné au supplément Le Monde des vins (15 décembre 2020), il revient sur sa rencontre avec Richard Leroy, le vigneron au centre de son album Les ignorants (Futuropolis 2011) :

« Je ne sais pas si le terme « vin d’auteur » existe, comme on parle parfois de la « bande dessinée d’auteur », mais ce sont là des mecs qui « signent » leur vin. On ne boit pas un anjou quand on boit un vin de Richard : on boit un vin de Richard Leroy. »

Bilal par trois, le bon coup (de sang)

Casterman publie en janvier 2021 la trilogie de Bilal, Coup de Sang. Le volume regroupe les albums Animal’z, Julia & Roem et La Couleur de l’air. 280 pages pour 28 euros, pour ceux qui seraient passés à côté de ces trois beaux opus au moment de leur sortie, c’est l’affaire du siècle. Même si avec Bilal on aurait pu parler d’affaire de Fins de siècle (y’a une référence là-dessous… et ouais).

C’est Spiegelman qui l’a dit

« J’aime la bande dessinée. J’aime ce média. Et j’aime ce qu’on y fait depuis le 19e siècle et jusqu’à nos jours. Mais à un moment donné j’aimerais aussi que la bande dessinée ce soit aussi le média qui raconte autre chose que des petites histoires comiques ou des grandes histoires d’aventure. »

Art Spiegelman dans The Guardian

Vehlmann fait respirer Gazzotti

Expérimentation sympathique dans le Spirou 4306 (21 octobre 2020). Fabien Vehlmann et Bruno Gazzotti, les auteurs de Seuls, se lancent dans un récit court, qui tout en faisant référence à leur série phare en est complètement détaché (vous me suivez ?). « J’avais besoin de m’octroyer une respiration, avec des histoires plus rapides à réaliser », explique Gazzotti au journal de Spirou. Ça s’appelle Souvenirs des limbes, le premier épisode tient sur un format exigeant et contraignant de sept pages. Vehlmann invoque Black mirror ou la Quatrième dimension comme références. Ce n’est pas tout à fait convaincant, sans être totalement pas convaincant (là aussi vous me suivez ?). 

Papa Sfar

Interview érythème fessier de Joann Sfar sur le site magicmaman au sujet de la paternité et dont on retient cette réponse de papa Sfar : « Je ne suis pas franchement un combattant. Mon quotidien, c’est faire des dessins, promener mon chien, jouer avec mon bébé et voir des amis de temps en temps. Pour comparer, je dirais que j’ai une vie de berger des Pyrénées, sauf qu’à la place de moutons, j’ai mes dessins. »

Mise au point à la ligne (claire)

Floc’h, le maître du trait évident et limpide, le dessinateur qui renouvelle après chaque coup de crayon la ligne claire, revient justement sur France Culture dans l’émission de Tewfik Hakem sur cette idée de ligne claire dont Hergé serait l’inventeur : « Cette expression de ligne claire m’énerve un tout petit peu. On essaie d’en faire un groupe artistique alors qu’il y avait très peu de points communs entre nous, excepté peut-être cette ligne. Mais cela me gêne parce que la ligne claire ne date pas de Hergé. On a l’impression qu’on nous la fait commencer à cette époque-là, mais on peut remonter beaucoup plus loin. Vous pensez bien qu’on peut aller beaucoup plus loin dans le temps et trouver des dessins avec une ligne CLAIRE, ne serait-ce que Benjamin Rabier dans l’oeuvre duquel Hergé a énormément puisé. »

Alan Moore s’en tape

Alan Moore, la légende vivante à l’origine du renouveau de l’univers des comics, le scénariste de Watchmen et V For Vendetta, se fiche de la bande dessinée comme de son dernier shampoing, « les bandes dessinées ne m’intéressent plus tellement, je ne veux plus rien avoir à faire avec elles. », explique-t-il dans une interview au magazine Deadline. La BD s’est embourgeoisée, selon Alan. « C’était un média destiné à l’origine à la classe ouvrière et aux enfants. » Avec l’invention par l’industrie du roman graphique, poursuit-il, elle s’adresse aujourd’hui à la classe moyenne. La BD social-traître ?