À la tienne, Etienne (Davodeau)

Étienne Davodeau lève son verre aux auteurs. Dans un entretien donné au supplément Le Monde des vins (15 décembre 2020), il revient sur sa rencontre avec Richard Leroy, le vigneron au centre de son album Les ignorants (Futuropolis 2011) :

« Je ne sais pas si le terme « vin d’auteur » existe, comme on parle parfois de la « bande dessinée d’auteur », mais ce sont là des mecs qui « signent » leur vin. On ne boit pas un anjou quand on boit un vin de Richard : on boit un vin de Richard Leroy. »

Bilal par trois, le bon coup (de sang)

Casterman publie en janvier 2021 la trilogie de Bilal, Coup de Sang. Le volume regroupe les albums Animal’z, Julia & Roem et La Couleur de l’air. 280 pages pour 28 euros, pour ceux qui seraient passés à côté de ces trois beaux opus au moment de leur sortie, c’est l’affaire du siècle. Même si avec Bilal on aurait pu parler d’affaire de Fins de siècle (y’a une référence là-dessous… et ouais).

Bonnes feuilles d’automne

La bande dessinée aussi a ses prix d’automne. Cette année, un seul lauréat a quasiment tout moissonné (si tant est qu’on ait jamais moissonné la moindre culture en automne). Trois prix (pour le prix de trois) pour Peau d’homme de Hubert (décédé en début d’année 2020) et Zanzim. Le Grand prix RTL de la bande dessinée 2020, le prix Landerneau de la BD, prix parrainé par les Espaces Culturels E.Leclerc et le prix Wolinski, prix à l’initiative du Point (l’hébdo). L’album est édité chez Glénat. Qu’apprends-je alors que je mettais un point final à cet article ? Peau d’homme vient de recevoir un quatrième prix, le Grand prix de l’Association des Critiques et journalistes de Bande Dessinée (ACBD). Maintenant il faut en laisser pour les autres…

C’est Spiegelman qui l’a dit

« J’aime la bande dessinée. J’aime ce média. Et j’aime ce qu’on y fait depuis le 19e siècle et jusqu’à nos jours. Mais à un moment donné j’aimerais aussi que la bande dessinée ce soit aussi le média qui raconte autre chose que des petites histoires comiques ou des grandes histoires d’aventure. »

Art Spiegelman dans The Guardian

BD Boum s’éclate

Le festival de la bande dessinée de Blois se réinvente pour sa 37e édition. Une réinvention largement guidée par la crise covid. Ce sont donc une quinzaine d’espaces (dont le prometteur Comptoir Irlandais, magasin spécialisé dans la vente d’alcool et de textiles) répartis dans la ville qui accueilleront les différentes manifestations rencontres et expositions prévues. Bien qu’éclatées, le festival nous propose de chouettes expo, dont une consacrée à Emile Bravo ou une autre à la bien méconnue BD africaine francophone. On attendra aussi avec impatience le Grand Boum, le prix parrainé par la ville de Blois qui récompense un auteur pour l’ensemble de son œuvre. BD Boum c’est du 20 au 22 novembre 2020 à Blois. 

Vehlmann fait respirer Gazzotti

Expérimentation sympathique dans le Spirou 4306 (21 octobre 2020). Fabien Vehlmann et Bruno Gazzotti, les auteurs de Seuls, se lancent dans un récit court, qui tout en faisant référence à leur série phare en est complètement détaché (vous me suivez ?). « J’avais besoin de m’octroyer une respiration, avec des histoires plus rapides à réaliser », explique Gazzotti au journal de Spirou. Ça s’appelle Souvenirs des limbes, le premier épisode tient sur un format exigeant et contraignant de sept pages. Vehlmann invoque Black mirror ou la Quatrième dimension comme références. Ce n’est pas tout à fait convaincant, sans être totalement pas convaincant (là aussi vous me suivez ?). 

Nicoby, Tomine, vies parallèles

Si vous vous destinez au noble métier d’auteur de bande dessinée, un petit exercice qui nous est offert par les heureux hasards du calendrier éditorial : lire à la suite, La solitude du marathonien de la bande dessinée de l’américain Adrian Tomine (Cornelius – octobre 2020) et Mes quatre saisons de Nicoby (Dupuis – octobre 2020). Même vision distanciée (mais amoureuse) de la bande dessinée chez les deux auteurs, adeptes l’un comme l’autre de l’autodérision à haute dose. 

Trous de balles

Le numéro 15 de Mon Lapin Quotidien, le trimestriel de l’Association, sortira le 15 novembre. Un peu moins dense que d’habitude car l’éditeur a troué sa revue. Deux gros trous de 4 centimètres de diamètre ! Les parties manquantes ne seront envoyées qu’aux abonnés. Ah, les tordus !

Papa Sfar

Interview érythème fessier de Joann Sfar sur le site magicmaman au sujet de la paternité et dont on retient cette réponse de papa Sfar : « Je ne suis pas franchement un combattant. Mon quotidien, c’est faire des dessins, promener mon chien, jouer avec mon bébé et voir des amis de temps en temps. Pour comparer, je dirais que j’ai une vie de berger des Pyrénées, sauf qu’à la place de moutons, j’ai mes dessins. »

Enlarge your Zep

Glénat publie une nouvelle édition (octobre 2020) de l’album de Zep et Hélène Bruller, Le guide du zizi sexuel, actualisée et augmentée… Si je n’avais pas pris garde d’ajouter un e aux participes passés précédents vous auriez pu, légitimement, vous imaginer que c’était l’organe masculin qui était visé par les mesures d’augmentation. Ce que vous n’allez pas chercher… Sinon quelle que soit la taille, c’est évidemment un manuel pédago-comico-sexuel à mettre entre toutes les mains (hum…).

Les critiques font les comics

L’Association des critiques et journalistes de bande dessinée (ACBD) vient de remettre son prix Comics à l’auteur américain Derf Backderf pour son album Kent State, quatre morts dans l’Ohio (éditions çà et là). Même dans les comics (entendus ici par l’ACBD au sens large comme une œuvre d’origine anglo-saxonne) ce ne sont pas toujours les superhéros qui gagnent à la fin.

Mise au point à la ligne (claire)

Floc’h, le maître du trait évident et limpide, le dessinateur qui renouvelle après chaque coup de crayon la ligne claire, revient justement sur France Culture dans l’émission de Tewfik Hakem sur cette idée de ligne claire dont Hergé serait l’inventeur : « Cette expression de ligne claire m’énerve un tout petit peu. On essaie d’en faire un groupe artistique alors qu’il y avait très peu de points communs entre nous, excepté peut-être cette ligne. Mais cela me gêne parce que la ligne claire ne date pas de Hergé. On a l’impression qu’on nous la fait commencer à cette époque-là, mais on peut remonter beaucoup plus loin. Vous pensez bien qu’on peut aller beaucoup plus loin dans le temps et trouver des dessins avec une ligne CLAIRE, ne serait-ce que Benjamin Rabier dans l’oeuvre duquel Hergé a énormément puisé. »

La BD en 928 pages

La collection Bouquins s’ouvre à la bande dessinée et propose un gros pavé (comme c’est le genre de la maison) de 928 pages, intitulé Le Bouquin de la bande dessinée. Un dictionnaire esthétique et thématique, explique l’éditeur, qui rassemble 150 entrées. Réalisé sous la direction de Thierry Groenstenn, le gros bouquin sortira en novembre 2020. Faites de la place sur les rayons de la bibliothèque.