La BD entre au Collège (de France)

« Sa diffusion planétaire, son dialogue constant avec les lettres, la peinture, le cinéma, son extraordinaire pouvoir de narration et d’expression, enfin la richesse et la variété des talents créateurs qui la font vivre montrent sans appel, depuis longtemps déjà, qu’elle est un art majeur. » La bande dessinée art majeur, donc, écrit Thomas Römer, administrateur du Collège de France, en introduction au cycle de conférences qui se tiendra dans le prestigieux établissement universitaire du 5e arrondissement. La première conférence sera donnée le 7 octobre 2020 par Benoît Peeters et portera pour titre, « Génie de la bande dessinée. De Töpffer à Emil Ferris ». Suivront Catherine Meurisse, Emmanuel Guibert en novembre, Jean-Marc Rochette en décembre et Chris Ware en janvier.

Nous n’irons pas à Angoulême en janvier 2021

La 48e édition du festival de bande dessinée d’Angoulême qui devait se tenir comme chaque année au mois de janvier est finalement annulée. Le Covid n’aime pas la BD non plus. Le festival devrait néanmoins remettre ses prix aux dates prévue et reporter son ouverture au public au printemps 2021. “ Il nous semblait important de conserver des manifestations aux dates habituelles en janvier, pour marquer le coup”, explique Franck Bondoux, le délégué général du festival, au Parisien. Un coup pour rien ou un coup à boire ?

Yoko 50 !

Yoko Tsuno, l’héroïne de Roger Leloup, fête ses 50 ans. L’électronicienne (c’est son métier et c’est certainement la seule électronicienne de toute la bande dessinée) fait sa première apparition en septembre 1970 dans Spirou (le journal). 

Nouvelle tunique pour les bleus

Dans le monde de la BD les bleus ne jouent pas au ballon. On est des gars et des filles sérieux. Parlons donc sérieusement. Nouvelle épisode des Tuniques Bleus en prépublication depuis cette semaine dans Spirou (n° 4302). L’événement c’est que ce 65e opus, rien que ça, est dû à Beka (au dessin) et Munuera (au scénario) en lieu et place des tauliers habituels, Lambil et Cauvin. Les fans de la série auront peut-être un peu de mal à se retrouver dans les dessins de Beka… sauf les chevaux très lambilien. Pour parler toujours sérieusement, et comme on aime les facéties chez Dupuis, le 65e épisode paraîtra avant le 64e (retour de Lambil et Cauvin dont ce sera le dernier scénario pour la cavalerie) !

Les Soviets, le retour

Après Tintin, mais c’était en 1930, c’est Spirou qui se lance à l’aventure chez les Soviets avec l’album de Fabrice Tarrin et Fred Neidhardt (au scénario), Spirou chez les Soviets (Dupuis – septembre 2020). Une aventure du groom dans un royaume sinon oublié, du moins disparu. « Fred voulait vraiment un Spirou un peu plus vintage, il voulait retrouver ses souvenirs d’enfance, lorsqu’il lisait les premiers albums de Franquin », raconte Fabrice Tarrin à 20minutes. Un album qui devrait donc ravir les nostalgiques de l’âge d’or de la bande dessinée franco-belge ou ceux de l’Union Soviétique (ce sont peut-être les mêmes ?).

Ravard se fait Burma

Dans la série, the série must go on, un nouveau patron pour reprendre Nestor Burma le personnage créé par Léo et magistralement adapté en bande dessinée par Tardi. Après Tardi, il y avait eu Nicolas Barral, Emmanuel Moynot… et désormais François Ravard pour un 13e opus de la série, Les rats de Monsouris, avec Emmanuel Moynot au scénario. « Travailler les atmosphères, les décors des années 50 et reprendre les trognes des cinq ou six personnages clé de son univers (à Tardi – NDLR). Les lecteurs, et moi aussi, devaient retrouver l’essence du Burma qu’ils connaissent. J’ai eu la chance de rencontrer Tardi, de reprendre les outils qu’il utilise. Et ça fonctionne », explique Ravard dans Le Télégramme. Si ça fonctionne, tant mieux. C’est chez Casterman à partir du 9 septembre 2020.

Et je Tanz avec elle…

C’est la jeune dessinatrice (et scénariste) de cette rentrée BD 2020 dont tout le monde dit le plus grand bien. Comme il y a les premiers romans, il y a les premiers albums BD (chez Le Lombard, l’éditeur ils disent roman graphique… tu vas voir qu’un jour chez Gallimard ils parleront pour la collection blanche de bande dessinée orthographiée), celui-là donc de premier album BD qui fait bruisser de paroles bienveillantes le petit monde de la BD, est dû au talent de Maurane Mazars et s’appelle Tanz !. Il sera possible de croiser Maurane le 13 septembre à la librairie parisienne Le Monte-en-l’air.

La méthode à Midam

Chouette interview de Midam, le créateur de Kid Paddle et Game Over, sur le site de la RTBF. L’auteur revient sur les secrets de fabrication des gags de la série Game Over : « Des gags j’en ai fait des centaines et à un moment j’ai pensé que le plus important c’est que ce ne soit pas moi qui réalise le gag, mais que l’on pose un bon gag quel que soit le moyen. C’est pour cette raison que j’ai trouvé une équipe, ce sont plusieurs centaines de personnes parce que n’importe qui peut m’envoyer un gag. Je reçois des blagues que je dois bien souvent retravailler mais c’est une bonne base. Cela peut provenir d’un enfant de 8 ans ou d’un mathématicien de 75 ans ou de scénaristes professionnels. »

Floc’h à Nérac pour Chaland

Autre grand nom de la ligne claire (de lune ?), Floc’h sera l’invité d’honneur des rencontres Chaland 2020. Rendez-vous annuel des admirateurs du maître du revival de la ligne dont on précisait la luminosité un peu plus avant. Comme toujours ça se tient à Nérac petite ville du Lot-et-Garonne (à prononcer avec un assent du Sud-Ouest.) les 3 et 4 octobre 2020.

Adrian Tomine ou la solitude de l’auteur de bande dessinée

L’immense Adrian Tomine publie ce qui aurait pu s’appeler Ma vie, Mon œuvre, mais qui s’appelle, parce que le type a un peu plus de talent que moi pour les titres (et pourtant je place généralement la barre très haut), The Loneliness of the Long-Distance Cartoonist, qu’on pourrait traduire, si on parlait anglais, la solitude de l’auteur de bande dessinée de fond. J’espère que les éditeurs français d’Adrian (avec Tomine on s’appelle par nos prénoms) trouveront une meilleure traduction pour le titre.

Collecte de rêve pour Keanu Reeves

Keanu Reeves (le gars qu’a joué dans Matrix, pardi !) et Matt Kindt au scénario, Alessandro Vitti au dessin, une première collaboration pour un comics au titre qui manque singulièrement de voyelles, BRZRKR. C’est édité chez Boom ! Studios et ça sortira en octobre 2020 aux US. Et comme les temps sont faciles pour personnes, le bouquin est soutenu par une campagne de financement participatif d’enfer… 300 000 dollars collectés en 24 h. Quand on vous dit que c’est facile pour personne.

Derf Backderf, le gars stylé

Longue interview (au moins 10 km…) dans The Comics Journal de l’américain Derf Backderf, l’auteur de Mon ami Dahmer (édité chez çà et là). Au cours de l’entretien on lui demande de parler de son style de dessin, et Derf de répondre : « Je dessine comme je dessine. Mon style a évolué au fil du temps. J’avais une idée en tête du style de dessin que je voulais, mais j’avais du mal à le traduire sur le papier. Finalement j’ai adopté un style de dessin très expressionniste. Mais ce qui compte avant tout c’est l’histoire et comment le dessin va servir l’histoire. Si vous imposez le dessin à l’histoire, dans mon cas en tout cas avec mon dessin un peu tordu, le récit va en pâtir. »

BD pirate

Les héros ne meurent jamais, c’est bien connu. Ou ils ressuscitent. Créé en 1959, par Jean-Michel Charlier et Victor Hubinon, Barbe-Rouge le pirate revient chez Dargaud après 16 ans d’absence (vaste est l’océan…). C’est désormais Jean-Charles Kraehn et Stefano Carloni qui sont à la barre pour les nouvelles aventures du renégat à la pilosité carminée. Le premier épisode s’appelle Pendu haut et court ! Laissez-moi vous dire qu’avec un tel titre notre pirate est dans de sales draps.