Pour çà et là, le compte est (plutôt) bon

çà et là, l’éditeur indépendant spécialisé dans la bande dessinée étrangère, publie, et c’est devenu une (honnête) tradition depuis quelques années, ses chiffres de vente annuels. Une année 2020 qui ne ressemble à aucune autre. Seulement 7 titres publiés (contre 13 prévus) et un gros succès, avec Kent State, quatre morts dans l’Ohio, album de Derf Backderf qui s’est vendu à plus de 12 000 exemplaires en seulement 4 mois (de septembre à décembre 2020). Les ventes des 6 autres titres oscillent entre 500 et 4000 exemplaires. « Une bonne année, contre toute attente », analyse l’éditeur Serge Ewenczyk, avant d’afficher un optimisme prudent. « La grande question du moment est : que va t-il se passer en 2021 ? Pour l’instant, tout va bien (janvier a été bon), mais quid des mois à venir dans ce contexte qui reste incertain et en l’absence de grosses machines comme Kent State ? »

Les critiques font les comics

L’Association des critiques et journalistes de bande dessinée (ACBD) vient de remettre son prix Comics à l’auteur américain Derf Backderf pour son album Kent State, quatre morts dans l’Ohio (éditions çà et là). Même dans les comics (entendus ici par l’ACBD au sens large comme une œuvre d’origine anglo-saxonne) ce ne sont pas toujours les superhéros qui gagnent à la fin.

Derf Backderf, le gars stylé

Longue interview (au moins 10 km…) dans The Comics Journal de l’américain Derf Backderf, l’auteur de Mon ami Dahmer (édité chez çà et là). Au cours de l’entretien on lui demande de parler de son style de dessin, et Derf de répondre : « Je dessine comme je dessine. Mon style a évolué au fil du temps. J’avais une idée en tête du style de dessin que je voulais, mais j’avais du mal à le traduire sur le papier. Finalement j’ai adopté un style de dessin très expressionniste. Mais ce qui compte avant tout c’est l’histoire et comment le dessin va servir l’histoire. Si vous imposez le dessin à l’histoire, dans mon cas en tout cas avec mon dessin un peu tordu, le récit va en pâtir. »